Devoir de mémoire...Au plus profond de notre terre...

Publié le 10 Août 2010

Je vis dans une région ( Nord-Pas-De-Calais ) où la terre est mélange de potasse, d’argile, de sable et surtout de...SANG ! Les cimetières militaires sont nombreux et comme dans chaque ville et village de notre pays, le monument aux morts honorant les victimes de la barbarie humaine que fut la première guerre mondiale.

 

 J’ai retrouvé, il y a peu les carnets de mon grand-père paternel ( décédé en 1966 ) et j’ai pris la bonne habitude d’en lire au moins une fois par semaine quelques passages. Une sorte de feuilleton, bien triste, commencé en octobre 1914, pour se terminer à l’échéance de la pire des guerres.

 

 Quatre grands carnets remplis d’une belle écriture liée à la « sergent major » alternant les encres noires et rouges. Une symphonie de mots biens choisis et d’articles de presse retranscrits consciencieusement. Il nous narre les bombardements et ensuite les combats autour de Lille en octobre 1914 ( du 4 au 12 ).

De la classe 19, il avait évité cette boucherie, du moins, il n’a pas été la marionnette habillée de bleu qui à la première mitraille aurait vu sa destinée prendre fin prématurément ou encore, faire partie des gueules cassées. J’habite près de deux cimetières britanniques entretenus d’une façon impeccable par différentes associations de la royale Albion.

 

 

Un gazon à l’Anglaise, des plaques funéraires nettoyées régulièrement, un livre d’or bien en place dans son logement où l’on peut lire quelques phrases pleines d’émotions des descendants des jeunes militaires ( moyenne d’âge 19 ans ).

 

 D’autres ont écrit leurs paraphes pour ne pas oublier ces sacrifiés pour une cause imbécile. Je me suis pris un coup de mélancolie, d’aller les visiter, chose que je n’avais plus fait depuis plusieurs années. J’ai pris quelques photos…..

 

 

 

Ma ville (semi-rurale ) est entourée par d’autres mausolées, indiens, néo-zélandais, chinois, canadiens…Des alignements de tombes qui font penser à ces champs de maïs, de blé ou encore de poteaux où poussent le houblon…Une grande balafre qui va des Flandres intérieures françaises à la Belgique ( Ypres ) et qui se termine vers la Meuse en passant par l’Artois et la Marne…

 

 

 

Pour info, 6 kms me séparent du fameux endroit où se joua entre belligérants un certain match de football, le 25 décembre 1914 ( d’où fut tiré, ce fameux film « Joyeux Noël » )

Extrait du tome 1, de mon grand-père :

 

 

 



<< Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sang ne font plus qu'un >> ( Ferdinand Gilson)

<<La guerre ne sert qu'à faire mourir les hommes et enrichir les marchands de canons>> ( Léon Weil)

<<Je ne vois pas pourquoi j'aurais une médaille, alors que les camarades qui sont restés là-bas n'ont même pas eu droit à une croix en bois>>. ( Louis de Cazenave, )

<< J'ai voulu défendre la France car elle m'avait donné à manger... Tous ces jeunes tués, je ne peux pas les oublier. Quel gâchis ! >>([ Lazare Ponticelli)

<< Aux générations futures, je dirais : Soyez les messagers de la paix...Soyez les passeurs de la mémoire de la Grande Guerre, car cette tragédie ne devra jamais être oubliée.

Sinon elle risque de recommencer. >> Charles Kuentz, France, dernier vétéran français de l'Armée Impériale de Guillaume II, )

<< La guerre, c'est ignoble. La nature humaine s'y révèle dans toute sa nudité...J'en rêve encore >> ( Louis Cabrol, France)

Les Allemands ?
<< Ils étaient comme nous, des pauvres types qui se faisaient casser la gueule pour rien. >> (Léon Weil, France)]

 

 

 

Je n’ajouterai que ce proverbe malgache « les morts ne sont vraiment morts, que lorsque les vivants les oublient »…Alors transmettons !

 

 

 

A prendre au second degré pour les basiques des neurones....Et , Il y en a beaucoup ces temps-ci....Heureusement, je n'ai pas encore vu sur mon blog

Rédigé par Le ch'timi

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Ophrys . 16/07/2012 05:47


     Coucou  mon  voisin  d'en face .
C'est  avec  beaucoup  d'émotion  que   je  découvre  ce  billet  ,  un  bel  hommage  que  tu  rends 
a  tous  ces  hommes  sans  oublier  ton Grand-Père ..Ces  horribles  guerres  quel  cauchemar  , je n'ai connu  que celle de
l'Algerie  et j'ai  encore la  vision  des  morts  et  du  sang  sur  les  trottoirs ,et le  bruit  des  bombes 
dans  les  oreilles ,.
Comme  le  dit  si  bien  ce  proverbe , les  morts  ne  sont  vraiment  morts  que  lorsque  les  vivants 
les  oublient .. Quelle  précieuse  legacy  de la part de ton Grand Père . Je  reviendrai  lire  les  précédents  billets  .. Merci 
Patrick  pour  ce  partage .
      So  long  my  friend ..
Bisous de loin .

Paul 30/08/2011 17:23



Très bel article, très émouvant.


cordialement


Paul



Le ch'timi 30/08/2011 18:47



Merci Paul,


Mille excuses de t'avoir recommandé un de mes anciens billets mais comme...cela suivait nos derniers com'


amitiés


patrick



viot 22/06/2011 17:41



Bel hommage, merci pour eux.


Eric



Le ch'timi 22/06/2011 22:00



Merci, Ils le méritent..et beaucoup attendent encore leur réhabilitation...


 


Le cercueil flambant... recouvert de drapeaux
Le casque poussiéreux... son dernier chapeau
Des fleurs encore jolies... attendant leur trépas
Les mornes officieux... leur emboitant le pas.


Le cortège allait lent... sous la pluie de septembre
Paraissait fatigué... semblait vouloir attendre
Encore un petit peu... un  tout petit instant
Un signe de ce corps... âgé de dix-sept ans.


Lui ne remuait pas... sa bouche de printemps
Sentait bon le lilas... sentait bon le bon temps
Sentait bon la chaleur... des lèvres effleurées
D'avant la dernière heure... de son dernier baiser.


Qu'il est dur de mourir... à l'âge des amours
Qu'il est dur de mourir... à la pointe du jour
A l'heure des enfants... à l'heure de l'avenir
A l'heure de faire semblant... d'avoir des souvenirs.


On a mis sur ton coeur
La posthume des blés
La posthume des fleurs
La posthume des prés
C'est pour t'accompagner
Dans l'autre paradis
Puisqu'on t'y a aidé
Pour pas que l'on t'oublie


Tu pourras désormais
Avoir le coeur léger
Quand on est décoré
C'est bien mieux que la paix
Les larmes sont taries
L'ennemi est vaincu
L'ennemi est ami
Pourquoi s'est-on battu ?


Adieu donc mon grand
Adieu donc mon fils
Que ce cortège est lent
Sur la route qui glisse


Il me faudra veiller
Il me faudra vieillir
Comme la fleur fanée
Sur ta tombe mourir
Claude Couthuis


 


amitiés


Patrick



Clin d'oeil 14/06/2011 17:44



Je crois bien que c'est également elle..... 



Le ch'timi 14/06/2011 18:33



On va couper la poire en deux...Musique pas de problèmes..pour les paroles connues de tous ( en fin, je l'espère )..DRuon et Kessel ont repris sa trame..mais en beaucoup-mieux..


Patrick



Clin d'oeil 14/06/2011 12:02



 


Anna MARLY  






Le ch'timi 14/06/2011 16:50



Anna Marly..auteur de la musique...





Patrick