Mai, Mai, Mai, Paris Mai.....

 

                          Mai, mai, mai, Paris mai...

 

 

 En paraphrasant à ma manière l'un des vers connus d'une chanson de Charles Aznavour, je commence cette chronique par un " je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître...". Disons plutôt les moins de 50 ans, parceque les souvenirs pour celles et ceux qui avaient une dizaine d'années à cette époque doivent être plus ciblés sur leurs études primaires( ah ! Ce fameux certificat d'études. ) et les magasines enfantins, comme "Pif et Paf", "cœur Vaillant", "Spirou", " Mickey" ou encore les séries télévisées, biens franchouillardes, comme "Thierry la fronde", "Belle et Sébastien", bref les séries que notre Nicolas National devait être fan dans sa douce ville de Neuilly ! . Moi, je faisais partie de la génération qui avait un  oeil sur "Salut les copains" et un autre dans "les mains sales " de Sartre ou encore "la peste"de Camus, une oreille à écouter "les Beatles" ou Bob Dylan et l'autre à apprécier les chansons de Brel et de Brassens, une jambe dans le foot et l'autre sous mon pupitre de lycéens, le cœur déjà à gauche pourtant bien distrait par l'amourette de cette époque ( mais qu’est-elle devenue ? ). Inutile que je m'étende davantage sur moi, autant faire pour le mieux pour vous retranscrire ce printemps de 1968.

 

 

Un simple tour de passe-passe et je vais m'appliquer à vous faire découvrir ou redécouvrir le  texte de la chanson de Claude Nougaro (que j'ai eu la chance de voir sur scène, en 1988, à la salle Léo Ferré d'Aulnoye-Aymeries ).

 

 

Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris

Le casque des pavés ne bouge plus d'un cil
La Seine de nouveau ruisselle d'eau bénite
Le vent a dispersé les cendres de Bendit
Et chacun est rentré chez son automobile
J'ai retrouvé mon pas sur le glabre bitume
Mon pas d'oiseau forçat enchaîné à sa plume
Et piochant l'évasion d'un rossignol titan
Capable d'assurer le sacre du printemps

Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris

Ces temps-ci je l'avoue j'ai la gorge un peu acre
Le sacre du printemps sonne comme un massacre
Mais chaque jour qui vient embellira mon cri
Il se peut que je couve un Igor Stravinsky

Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris

Et je te prends Paris dans mes bras pleins de zèle
Sur ma poitrine je presse tes pierreries
Je dépose l'aurore sur tes tuileries
Comme roses sur le lit d'une demoiselle
Je survole à midi tes six millions de types
Ta vie à ras-le-bol me file au ras des tripes
J'avale tes quartiers aux couleurs de pigeon
Intelligence blanche et grise religion

Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris

Je repère en passant Hugo dans la Sorbonne
Et l'odeur d'eau-de-vie de la vieille bonbonne
Aux lisières du soir, mi-manne, mi-mendiant
Je plonge vers un pont où penche un étudiant

Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, Paris

Le jeune homme harassé déchirait ses cheveux
Le jeune homme hérissé arrachait sa chemise
Camarade ma peau est-elle encore de mise
Et dedans, mon cœur seul, ne fait-il pas vieux jeu
Avec ma belle amie quand nous dansons ensemble
Est-ce nous qui dansons ou la terre qui tremble?
Je ne veux plus cracher dans la gueule à papa
Je voudrais savoir si l'homme a raison ou pas
Si je dois endosser cette guérite étroite
Avec sa manche gauche, avec sa manche droite
Ses pâles oraisons, ses hymnes cramoisis
La passion du futur, sa chronique amnésie

Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, Paris

C'est ainsi que parlait sans un mot ce jeune homme
Entre le fleuve ancien et le fleuve nouveau
Où les hommes noyés nagent dans leurs autos
C'est ainsi, sans un mot, que parlait ce jeune homme
Et moi l'oiseau forçat casseur d'amère croûte
Vers mon ciel du dedans j'ai replongé ma route
Le long tunnel grondant sur le dos de ses murs
Aspiré tout au bout par un goulot d'azur
Là-bas brillent la paix, la rencontre des pôles
Et l'épée du printemps qui sacre notre épaule
Gazouillez les pinsons à soulever le jour
Et nous autres grinçons, pont-levis de l'amour

( Claude Nougaro )

 

Mai 68 a été la révolution face à l'ennui. La société de l'époque s'endormait, la jeunesse Lycéène et estudiantine dans tous les campus de France et de Navarre attendait le moindre prétexte pour donner un grand coup de pompe dans cette fourmilière anesthésiée (beaucoup ont oublié que l'origine de ce mouvement se trouvait, fin Mars 68, dans le fait du refus de la mixité dans les internats étudiants... Nanterre fut la première à exploser.) Dans laquelle le grand Charles nous avait plongé. En 15 jours ce furent 11 millions de travailleurs en grève et notre économie bloquée !. Une grosse bulle éclatait, la femme faisait ses premiers pas dans la politique ( il était temps après que le droit de vote promulgué en 1945 !). Les comités étudiants, lycéens, les syndicats, les travailleurs (du simple ouvrier au cadre ) ont su mette à bas durant quelques semaines le gouvernement de l'époque présidé alors par George Pompidou.

Cette joyeuse effervescence violente a fait avancer notre pays comme jamais depuis  la libération.

Les évènements de mai 68 ont fait basculer la société française dans un autre monde. Elle restera unique et personne ne peut prétendre à son héritage... D'autres soulèvements apparaîtront, d'autres insurrections fleuriront et chacune d'entre elles auront leur marque de fabrique.

Nicolas Sarkosy, dans l'un de ses derniers discours démagogiques de sa campagne présidentielle voulait éradiquer l'esprit de mai 68. Lui, pur produit de Mai 68 (aurait-il pu accéder à la plus haute marche de France, dans la situation d'un chef de famille d'une famille recomposée, avec le déballage médiatique de sa vie privée qui s'en suivie !), veut nous faire l'impasse sur cet évènement historique. Il ne peut liquider Mai 68 et dire qu'elle a été un mouvement raté... Les effets politiques( dès 1968 le SMIC a été augmenté d'une manière conséquente !), Socioculturels sont là pour le prouver. Les fruits de cette rébellion n'allaient pas tarder à se faire attendre dès le début des années 70. Mme Veil peut en témoigner, ainsi que les différents syndicats qui ont participé au grenelle de 1972. Tiens, le destin veut que le mot grenelle soit remis à toutes les sauces en ce moment.

Un seul acteur prédominant dans la naissance de ces semaines printanières de 1968 est encore en super-activité : Daniel Cohn-Bendit.

Krivine, Geismar, prennent peu à peu leur retraite politique, d'autres ne sont plus de ce monde : Comme Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir et des acteurs comme Montand et Simone Signoret... il nous reste toujours la plaie de membres politique qui sont à l'UMP et qui ont fait partie d'Occident (extrême Droite ): Patrick Devijian, Gérard longuet et en sous terrain Alain Madelin.

 

Encore une fois M. Sarkosy n'a rien compris. à tel point que...!?? que quand les premiers bourgeons apparaîtront. Qui sait !?

 

 

 

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